Maison de la culture Janine Sutto

du 26 novembre 2026 au 17 janvier 2027


Diretcrice/Director: Liz Chan
2550 Rue Ontario Est
Montréal, QC H2K 1W7
514.872.7882
mcjsutto@montreal.ca

 https://montreal.ca/lieux/maison-de-la-culture-janine-sutto

Expositions :

L’inénarrable compromission : atelier 103 / The Unspeakable Compromise Studio 103

Lan “Florence” Yee, Gabriela Avila Yiptong
Commissaire/Curator: eunice bélidor

Rends-moi mes yeux
Sarah Cloutier

Finalement, L’Atelier 103, qui prendra place à la maison de la culture Janine-Sutto, revisite une collaboration curatoriale entamée en 2018 entre Lan « Florence » Yee, Gabriela Avila Yiptong et moi-même. Je les avais invité·e·s à exposer leur travail de peinture à articule, un centre d’artistes autogéré qui se consacre à l’engagement social, à l’expérimentation et à l’interdisciplinarité. Par leur historique, les centres d’artistes au Québec présentent surtout des pratiques qui sortent du circuit d’exposition traditionnel et dont la diffusion est précaire puisqu’elle ne mène pas systématiquement au collectionnement muséal ou à la vente en galerie. Des œuvres éphémères, performatives et spontanées, des nouveaux médias et des approches technologiques y sont souvent privilégiés. Quelle est la place de la peinture dans ce contexte ? Quelle est la perception de la peinture contemporaine lorsqu’elle est créée par des femmes et des personnes non binaires, racisées ? Cette fois-ci, Yee et Yiptong explorent le thème en envisageant l’atelier à la fois comme un lieu de possibilités artistiques et comme un espace façonné par des contraintes matérielles, économiques et sociales. Les artistes interprètent cette « compromission » de faire le choix d’un atelier et d’une vie créative à travers leur pratique respective, et s’unissent pour créer des œuvres communes. Les peintures de Yiptong explorent les rythmes répétitifs du cycle de l’horaire de travail de 9 à 5, ainsi que l'expérience consistant à concilier salariat et pratique artistique. Celles de Yee témoignent de l’improvisation et de la capacité d’adaptation nécessaires pour poursuivre le travail (en atelier, dans le cadre de l’organisation communautaire, au sein d’entreprises familiales, etc.). Finalement, des sérigraphies issues d’un projet de recherche collaboratif fondé sur une enquête menée auprès d’artistes au Canada et à l’étranger interrogent ce qui est sacrifié pour maintenir une pratique, ce que les artistes en retirent et ce qui est perdu lorsqu’une pratique ne peut plus être poursuivie. L’Atelier 103 agit comme une sorte de synthèse ou, comme le dit Buren, comme un lieu privé où seule l’expérience de l’artiste fait loi.

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