Maison de la culture Mercier

du 31 octobre 2026 – 13 décembre 2026


Agente culturelle : Renée Lebel
8105, rue Hochelaga
Montréal (Québec) H1L 2K9
514.872.8755
maison_me@montreal.ca
https://montreal.ca/lieux/maison-de-la-culture-mercier

Exposition :

L’inénarrable compromission : atelier 102
Oski Awoyo, Sierra Barber, Camila Carella, Caroline Douville, Laurena Finéus, Janet Jones, Christine Major, Malik McKoy, Florence Viau
Commissaire/Curator: eunice bélidor

L’Atelier 102, à la maison de la culture Mercier, est une expérimentation différente. Après mes visites d’ateliers, j’ai constaté que les artistes présenté·e·s dans cette itération travaillent sous le prisme de la peinture contemporaine, mais créent des œuvres dont la forme va au-delà de la toile. Oski Awoyo imprègne son travail des couleurs, des rythmes et de l'énergie d’Haïti d’où il est originaire. L’installation immersive I Painted Myself toDeath contient des années de vie passées dans un atelier : des peintures, des objets et des souvenirs forment un ensemble conçu dans la tradition haïtienne du bricolage, assemblage artistique né de la nécessité. Caroline Douville, explore les processus cognitifs par lesquels les membres de la diaspora interrogent leur identité lointaine et la relient à leur ancrage local. Également d’origine haïtienne, Douville intègre à sa peinture des cadres en cuivre et en tôle, matériaux largement utilisés en Haïti pour se loger. Dans un dispositif installatif, les œuvres de Christine Major envisagent la peinture comme un espace où les images peuvent se soustraire aux logiques de captation pour retrouver une présence plus discrète, ouverte et relationnelle. Bien que la peinture montre à voir, ses œuvres portent sur l’effacement. Travailler avec Major était très important pour moi : son œuvre Rencontre (2003) qui représente un atelier, faisait partie de l’exposition Vues de l’intérieur et avait donné le ton à la section sur les ateliers d’artistes. Nous nous sommes rencontrées par hasard en mai 2022 à l’Université York, où nous étions invitées à contribuer à l’institut d’été du programme d’arts. J’y étais à l’invitation de Michel Daigneault et de

Janet Jones; cette dernière fait également partie de L’Atelier 102. Jones et moi avions créé des liens très rapidement ce printemps-là : elle était aussi originaire de Montréal et avait profité du cadre de la nuit pour forger son indépendance au début des années 70. Lors de notre dernière rencontre, au Flame + Smith à Bloomfield, en Ontario, où elle venait tout juste d’emménager, elle me racontait avec une excitation palpable comment son atelier, un conteneur préfabriqué par la compagnie belœilloise Bonneville, avait été amené jusqu’à son terrain, et comment elle avait vu celui-ci « atterrir » quelques jours plus tôt. Son atelier et son travail de peinture étaient pour elle une manière de demeurer indépendante. Nous nous étions promis de travailler ensemble et avons postulé à des résidences et projets variés. Sa présence dans Pictura est ma façon d’honorer notre amitié : Janet Jones est décédée en mai 2025. Son travail pictural s’articulait autour d’expériences personnelles liées aux espaces urbains contemporains, et de la place des femmes dans ces environnements. Les géographies diverses sont aussi importantes dans la pratique de Laurena Finéus : à travers une peinture figurative, détaillée et colorée, Finéus s’intéresse aux géographies noires, à la pensée marronne et aux histoires migratoires. Dans sa grande galerie de type cube blanc, la maison de la culture Mercier accueille des œuvres qui nous rappellent que la peinture permet d’aborder des thèmes, des histoires et des personnalités hétéroclites à travers des gestes picturaux variés, et que l’atelier est un espace de prédilection pour lier gestes et affects.

extrait d'un essai d'eunice bélidor

Previous
Previous

Galerie d'art Stewart Hall

Next
Next

Maison de la culture Janine-Sutto